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Le quagga ou couagga (aussi surnommé "zèbre téméraire") était une sous-espèce de zèbre des plaines d'Afrique du Sud. Il est apparu pendant le pléistocène moyen (Phanérozoïque, Cénozoïque, Quaternaire, Pléistocène) il y a environ 285 000 ans et s'est éteint durant le XIXe siècle. 

Le mâle était appelé "Étalon" ou "Zèbre", la femelle "Jument", "Zébrelle", "Zébresse" ou encore "Zébrette'" et le petit "Poulain", "Zébreau", "Zébron" ou alors "Zébrion" et son cri était le hénissement, bien que ne ressemblant pas au hennissement du cheval. Son nom vient du dialecte sud-africain signifiant "zèbre". Il s'agit d'une onomatopée rappelant le cri de l'animal.

Classification

Règne Animal
Sous-règne Bilatériens
Infra-règne Deuterostomiens
Embranchement Chordés
Sous-embr. Vertébrés
Infra-embr. Gnathostomes
Super classe Tétrapodes
Classe Mammifères
Sous-classe Thériens
Infra-classe Euthériens
Cohorte Placentaires
Ordre Périssodactyles
Famille Équidés
Genre Equus
Espèce Zèbre des plaines

Le quagga était à l'origine classé comme une espèce distincte, Equus quagga, en 1778. Du fait des nombreuses variations de la robe des différents zèbres (il n'y en a pas deux identiques), les scientifiques furent tentés d'identifier de très nombreuses espèces, sans trouver de moyens simples de repérer lesquelles étaient de véritables espèces et lesquelles des sous-espèces seulement, et lesquelles enfin n'étaient que des variants. Il a fallu attendre les recherches génétiques récentes menées par le Smithsonian Institute pour montrer que le quagga n'était pas une espèce séparée, mais une sous-espèce du zèbre des plaines, Equus burchellii, qui se serait formée il y a environ 280 000 ans. Ces recherches suggèrent donc de le renommer Equus burchellii quagga.

Morphologie

Corps

Les couaggas mâles étaient très légèrement plus grand que les femelles et également un peu plus lourd. Il possédait un corps robuste mais néanmoins taillé pour la course pour que les quaggas puissent échapper à leurs prédateurs. Il avait également 4 pattes se terminant par un sabot avec des dessous creux et des bords tranchants pour pouvoir se défendre. Son corps faisait entre 220 et 250 cm de longueur suivant les spécimens et de 115 à 135 cm de hauteur. Sa queue mesurait environ 50 cm. 

Tête

Il avait un profil assez allongé, typique des herbivores pour pouvoir brouter et attraper sa nourriture. Ses yeux se situaient de chaque côté de sa tête. Il avait des oreilles assez grandes et une crinière qui descendait jusque dans son dos. Il possédait aussi un très bon odorat grâce à ses naseaux qui permettaient d'absorber l'air et de le bloquer dans la cavité nasale. Ainsi il pouvait facilement savoir si un prédateur approchait, comme des lionnes

Robe

Contrairement aux autres zèbres le quagga possédait une robe bien distinctive mais propre à chaque individu pour pouvoir se reconnaître : 

De la tête jusqu'aux épaules il pouvait être beige, blanc ou brun clair et avec des rayures noires ou brunes. Ses jambes pouvaient être blanches ou brunes, parfois même les deux à la fois. L'arrière de son corps était entièrement brun et son postérieur pouvait être brun ou noir. Sa crinière était blanche avec des rayures noires ou brunes selon les individus.  Néanmoins, il est à noter que les rayures n’apparaissaient que pendant la croissance de l'individu. 

Ici, une galerie où l'on peut voir que la robe d'un quagga est unique et qu'il existe une grande diversité aussi bien au niveau du nombres de rayures que de la couleur plus ou moins foncée de la robe...

Lorsque les rayures des autres zèbres permettraient d'avoir un effet stroboscopique sur les prédateurs et/ou d'échapper à la mouche tsé-tsé ou les taons et/ou de permettre aux zèbres de se reconnaître entre eux ; on peut remarquer que le couagga n'en possède que très peu et qu'elles sont brunes au lieu des rayures noires des autres espèces. Cela voudrait dire :

  • Que le couagga aurait troqué l'effet stroboscopique pour un pelage brun le rendant beaucoup plus discret dans les savanes et les broussailles. 
  • et/ou qu'il était très peu exposé aux mouches tsé-tsé ou aux taons et n'en aurait donc plus eu besoin. (Et aurait pris alors une couleur brune pour mieux se camoufler face aux autres prédateurs.)
  • et/ou que sa robe brune permettait de mieux distinguer ses congénères des autres.

Localisation

Répartition géographique

Quagga range1
La limite nord de son habitat semble avoir été  le fleuve Orange à l'ouest, la rivière Vaal à l'est et au sud-est, la limite devait être la rivière Great Key.

Habitat

Le Quagga vivait dans les régions les plus sèches d'Afrique australe, dans les plaines herbeuses et les savanes. Ceci s'explique par le fait qu'il se nourrissait principalement d'herbes et qu'il était taillé pour la course (cf. Morphologie) et qu'il aurait été donc impossible de courir très rapidement dans une jungle par exemple. 

Alimentation

Le quagga était herbivore. Il se nourrissait donc d'herbe et parfois de feuilles tendres ou de jeunes pousses. Ses dents étaient donc larges et tranchantes pour couper l'herbe plus facilement ; parfois il s'en servait aussi pour se défendre. Lorsque l'herbe tendre se fait rare, il lui arrivait de manger des buissons ou même des roseaux voire encore de l'écorce en cas de crise.  Le quagga devait passer plus de 60% de son temps à paître pour s'alimenter puisqu'il possédait un transit intestinal extrêmement rapide qui ne permettait pas une bonne assimilation de toutes les protéines dans son organisme. 

Il devait sans doute, comme les zèbres actuels, boire beaucoup d'eau, de 8 à 10 litres par jours pour ses besoins vitaux et pour supporter la chaleur de la savane. Pendant la saison sèche, ils creusaient des trous pour trouver de l'eau enfouie et la défendaient. Tout cela l’amenait à pouvoir parcourir jusqu'à 15 km par jour pour pouvoir se nourrir. (cf. Migration)

Reproduction

Périodes d'accouplement

Les couaggas pouvaient sans doute s'accoupler toute l'année, à la manière du zèbre de Grévy , mais préféraient généralement le printemps et l'été. Une femelle en chaleur parcourait alors la savane à la recherche du territoire d'un mâle où l'eau et l'herbe étaient présentes en abondances. Les mâles devaient défendre la femelle et son zébreau, ceux en bonne santé étaient donc privilégiés.  Les femelles donnaient naissance à un petit que tout les deux ans.

Accouplement

Les accouplements étaient brefs et pratiqués très librement à la manière d'autres espèces de zèbre. Les zébrelles qui venaient de donner naissance restaient pendant une longue période avec le même mâle et devaient s'accoupler uniquement avec celui-ci. Ceci permettait à la femelle de bénéficier de la protection du mâle, qui la protégeait des autres. 

Portée

Bébé quagga

Un nouveau-né empaillé

Après 1 an de gestation, la femelle mettait bas. En général elle n'avait qu'un seul petit bien que dans de rares cas, elle pouvait avoir des jumeaux. Cependant, ne produisant du lait que pour un seul zébrion, un des zébreaux étaient abandonné et livré à lui-même. Le mâle s'occupait et protégeait également le petit pour s'assurer que la femelle reste sur son territoire. 

Le nouveau-né suivait tout ce qui bougeait, les jeunes mères empêchaient donc les autres femelles d’approcher leur zébreau le temps que ces derniers s’habituent à leurs robes, leur odeur et leur vocalisation. Les zébreaux dépendaient de leur mère et ne se cachaient pas, ils étaient donc une proie facile pour les prédateurs bien qu'un adulte n'était jamais bien loin, aussi bien la mère, le mâle dominant ou même d'autres zébrelles. 

La zébrelle allaitait son petit jusqu'à ce qu'il atteigne 7 mois, bien que le zébrion commence a mangé de l'herbe dès 15 jours. Ils savaient se débrouiller seuls vers l'âge de 6 mois mais pouvaient rester jusqu'à l'âge de 3 ans auprès de leur génitrice où ils devaient ensuite quitter la harde. 

Comportement 

Envers les Hommes

Cet animal a longtemps vécu en paix avec les bergers africains qui l'utilisaient pour protéger leurs troupeaux: en effet le couagga n'hésitait pas à charger les lions par rapport aux autres zèbres d'où son surnom de "zèbre téméraire". Néanmoins il eu de très mauvaises relations avec les colons européens (cf. Cause de sa disparition

Un étalon quagga était présent à la ménagerie de Louis XVI à Versailles. 

Entre individus

C'était une espèce sociale. Il vivait en troupeaux, parfois comportant 30 à 50 individus, voir plus et se déplaçaient parfois en file indienne.Chaque troupeaux étaient constitué d'une ou plusieurs cellule familiale. Les cellules familiales sont des "troupeaux dans le troupeau" composés d'un mâle, de quelques zébrelles et des zébreaux Ils se reconnaissaient entre eux grâce à leur robe qui différait chez chaque individus.

En dehors de la saison des amours, les couaggas cherchaient la compagnie des autres membres de leur espèce. . Pour se débarrasser d'insectes ou de démangeaison, ils pouvaient se frotter contre un partenaire. C'est d'ailleurs ce type d'action et aux scéances de toilettage que les amitiés et les relations s'établissaient au seins d'une harde. Etant des animaux extrêmement sociables, la communication étaient très importantes pour eux. De ce fait, les couaggas brayaient souvent. Aussi, toujours en dehors de la saison des amours, le mâle protègeait plus qu'il ne dominait son noyau familial. 

Les jeunes mâles célibataires formaient des groupes qui perduraient environ deux ans. Jeux et duels leur apprennaient les techniques qui leur permettaient de devenir chef de famille. Les étalons dominants furent ceux qui avaient fait preuve de plus d’agilité, de rapidité et de réflexes durant ces jeux. Vers ses 4 ans, le mâle part en quête de juments afin de fonder sa famille. 

Les combats entre mâles pour devenir l'étalon dominant étaient d'une grande violence, les quaggas se servant aussi bien de leur dentition que de leurs sabots. L'étalon dominant montrait sa domination avec sa démarche fière et son encolure arquée, tout en déposant parfois un crotin devant les soumis, le montrant en étendant la queue et en baissant la tête devant le zèbre dominant.

Les femelles d'une même famille avaient également leur propre hiérarchie, de même pour les poulains, indépendamment de leur sexe. 

Avec d'autres espèces

Proie favorite d'un grand nombre de prédateur, les quaggas cohabitaient avec certaines antilopes et aimaient particulièrement la présence d'autruches près des troupeaux puisque ces oiseaux disposent d'une aptitude à voir venir de loin les prédateurs. Lors des migrations , ils rejoignaient souvent celles des gnous . (cf. Migration) Les quaggas avait ceci de particulier qu'ils chargeaient parfois les prédateurs contrairement à la plupart des autres espèces et sous-espèces de zèbres. 

Face aux prédateurs

Par rapport aux autres espèces de zèbres qui prennent la plupart du temps la fuite, le couagga chargeait parfois ses prédateurs afin de les faire fuir.  Le fait de vivre en troupeau lui permettait de savoir beaucoup plus facilement si un prédateur approchait et d'avoir plus de chance de survie, les prédateurs devant choisir dans le grand nombre de zèbre. De plus, le troupeau entier pouvait se mettre à charger. 

Périodes d'activité

Les couaggas étaient actifs toute la journée et dormaient le soir, les petits près de leur mère et avec le mâle dominant surveillant de temps en temps les alentours. 

Gestion des territoires

Les mâles incapables d'établir un territoire étaient appelés "les célibataires" et pouvaient circuler librement de territoire en territoire, ils étaient cependant soumis à l'étalon dominant du territoire sur lequel ils se situaient et durant la saison des amours, l'étalon dominant les éloignait des femelles en chaleurs se situant sur son territoire. Les femelles peuvent circuler de territoire en territoire. (cf. Période d'accouplement)

Migrations

Ils vivaient sur un même territoire, surtout durant la saison des pluies et pouvaient y rester toute l'année s'il y avait assez d'eau. Si l'eau ou l'herbe tendre manquait, pendant la saison sèche, ils partaient en migration, parfois en très grand nombre et devaient parfois rejoindre les grandes migrations de gnous et des autres zèbres pouvant parcourir plus de 100km ! Ils rejoignaient les régions où la végétation est plus luxuriante et l'eau plus abondante. Bien qu'ils étaient sous l'autorité d'un mâle dominant, c'était la femelle du rang le plus élevée qui guidait la marche, un peu comme la matriarche des éléphants africains

Cause de sa disparition

Ce zèbre est considéré comme éteint par l'UICN. Le couagga était une proie de choix pour les grands prédateurs comme les lions par exemple. Ses petits pouvaient être la cible des guépards ou des léopards entre autres. 

Néanmoins, ce qui a conduit à sa disparition est la mise en concurrence avec le bétail domestique des colons, il fut exterminé au XIXe siècle par les Boers, colons européens implantés en Afrique Australe. La viande des quaggas était largement consommée et leur peau tannée pour la confection de sacs. Il fut également chassé pour la chasse sportive.

Les dernières photos d'un quagga vivant sont celles d'une femelle photographiée en 1870 au zoo de Londres. Le dernier quagga sauvage fut abattu en 1878 et la sous-espèce s'éteignit définitivement le 12 août 1883, au zoo d'Amsterdam. Il n'en reste aujourd'hui que quelques peaux, des crânes, spécimens empaillés et de rares photographies conservées dans des collections.

Tentative de "résurrection" de l'espèce

Le quagga est la première espèce éteinte dont on a étudié l'ADN mais la technologie nécessaire à la recréation d'espèce à partir d'ADN récupéré n'existe toujours pas. Cependant cela sera peut-être possible dans 15-20 ans.

Une étude génétique des restes de quaggas naturalisés a permis d'identifier les gènes responsables de la couleur brunes et des rayures atténuées de cet animal. Or on les retrouve également chez certains zèbres des plaines, ce qui prouve qu'il ne s'agissait que d'une sous-espèce. L'élevage sélectif des zèbres porteurs des mêmes anomalies de rayures, entrepris par le Dr Reinhold Rau (1932-2006), a donné des résultats plutôt encourageants. Au bout de dix ans, à partir de 2005, le Quagga Project  a obtenu dans le troupeau de Table Mountain des naissances d'individus présentant l'aspect des quaggas disparus.

Néanmoins, ils restent à savoir si ces "nouveaux couaggas" possèderont le même comportement, c'est-à-dire un comportement de "zèbre téméraire". 

Médias

  • Dans l'épisode 14 de la saison 3 de la série Elementary, un assassinat tourne autour du kidnapping de 2 zèbrelles en gestation de poulain. Ces poulains étant des quaggas qui auraient été clonés pour recréer l'espèce et les criminels comptaient les revendre. Bien évidemment, comme il s'agit d'une série, ce n'est qu'une fiction, aucun quagga n'a été reproduit à ce jour.
  • Le zèbre couagga est présent dans l'extension Animaux Disparus du jeu Zoo Tycoon 2. Il est déblocable grâce à la recherche de fossile ou bien en accomplissant une mission consistant à relâcher dans la nature tout les animaux ajoutés avec l'extension.

Source